Examen Périodique Universel de la RDC : la LDGL exhorte le gouvernement à respecter ses engagements en matière de droits de l’Homme et à garantir la sécurité des citoyens
Du 23 au 25 avril 2015, la LDGL a organisé à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, trois journées d’atelier pratique sur l’Examen Périodique Universel (EPU) de la RDC, en collaboration avec des organisations de la société civile venues du Nord et du Sud-Kivu.L’objectif de cette consultation était de renforcer les capacités des défenseurs des droits de l’homme et de les doter des techniques devant leur permettre d’effectuer le suivi de la mise en œuvre des recommandations formulées à l’Etat congolais à l’issue de son examen devant le Conseil des DH de l’ONU intervenu en avril 2014.
Cet atelier organisé avec le soutien financier de l’Alliance Mondiale pour la Participation Citoyenne (CIVICUS) a permis d’offrir aux défenseurs des droits de l’homme du Rwanda, du Burundi et de la RDC l’opportunité de se familiariser avec les mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme, et surtout d’apprendre comment mettre à profit l’existence de ces mécanismes afin de renforcer l’efficacité de leurs programmes en matière de défense et de protection des droits humains.
Au moment de la clôture de cette rencontre, le samedi 25 avril 2015, les participants ont recommandé au gouvernement congolais de garantir le respect des droits de l’homme et la sécurité des citoyens en cette période préélectorale et à relever le défi constaté depuis des années au niveau de la protection des citoyens dans l’Est en proie aux conflits armés récurrents.
Le président de la LDGL, Me Cyriaque Ndayisenga a notamment fustigé le fait que le droit à la liberté d’expression et d’association est encore loin d’être respecté en RDC, une année après la soumission du pays à l’EPU. La Société civile de la RDC, en dépit de l’espace dont elle jouit pour son expression libre, fait toujours face à des représailles, intimidations et harcèlements de tous ordres dans son travail. Ce qui limite son effectivité sur le terrain et dans la réalisation de sa mission sociale.
Me Cyriaque Ndayisenga a rappelé le fait que « le gouvernement de la RDC avait pris l’engagement de garantir la protection des défenseurs des droits de l’homme. Malheureusement le constat est autre parce qu’il y a des défenseurs arrêtés et détenus en violation de cet engagement. C’est le moment de demander au gouvernement congolais de libérer ces défenseurs car il y a moyen d’initier ces poursuivre contre eux tout en étant en liberté ».
Me Cyriaque Ndayisenga a également recommandé à l’Etat congolais de garantir des élections transparentes, libres et démocratiques.
Il s’est par ailleurs réjoui que le gouvernement congolais ait mis en place la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), et l’a exhorté à consentir plus d’efforts dans la protection des droits par la mise en œuvre des autres engagements pris en avril 2014 dans le cadre de l’EPU devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Pendant la durée de ces travaux organisés à l’hôtel Cap-Kivu de Goma, des ONG de cette ville venaient de dénoncer les violations des droits de l’homme dans la prison de Munzenze à Goma.
Parmi les faits dénoncés figurent l’administration interne de la prison par des anciens détenus, le paiement de sommes d’argent imposé aux nouveaux entrants afin de les prévenir contre des châtiments cruels et des traitements inhumains et dégradants.